Cahier des charges de la formation des maîtres

vendredi 15 décembre 2006
par  SUD Education 63

La formation des maîtres plombée par le cahier des charges

Article du journal fédéral de SUD éducation
Commission fédérale Formation Initiale et Continue des Personnels
Novembre 2007

La formation initiale des enseignants est encadrée par l’arrêté du 19 décembre 2006 portant cahier des charges, précisé par la circulaire du 23 février 2007. Sud éducation dénonce la détérioration de la qualité de la formation induite par ce nouveau cahier des charges.

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Circulaire de mise en oeuvre du cahier des charges de la formation des maîtres, définissant la formation initiale et continue

Lire la circulaire (n° 2007-045 du 23 février 2007 - BO n°9 du 01 mars 2007)

Décret portant création d’instituts universitaires de formation des maîtres dans les universités et fixant des dispositions électorales particulières à ces instituts

Lire le décret (n° 2006-1733 du 23 décembre 2006 - JO n° 302 du 30 décembre 2006)

Arrêté du 19 décembre 2006 portant cahier des charges de la formation des maîtres en institut universitaire de formation des maîtres

Lire l’arrêté publié au J.O n° 300 du 28 décembre 2006

Analyse de SUD éducation du projet d’arrêté règlementant la formation des maîtres

Décembre 2006

La formation des maîtres mérite mieux !

Ce texte s’appuie sur le socle commun des connaissances que nous dénonçons toujours comme une éducation au rabais.

Nous condamnons l’idéologie qui le sous-tend : l’enseignant doit percevoir les talents. Nous ne sommes pas là pour trier les élèves en fonction de leurs dons supposés.

Ce texte valorise la formation en alternance. Mais en l’occurrence, la formation en alternance que connaissent les stagiaires qui préparent le CAPA-SH, est très loin d’apporter satisfaction. Les collègues ont du mal à assurer le suivi des élèves et sont vite débordés entre les cours et le terrain. Les élèves ne s’y retrouvent pas non plus, mais c’est ce modèle qu’on veut imposer partout. Il s’agit là d’une logique de réduction des moyens.

Ce texte entérine le stage filé sans en avoir évalué les effets. Il y a pourtant beaucoup à en dire :

  • Précipitation dans sa mise en place,
  • Prise de classe sans formation,
  • Temps énorme en préparation,
  • Immédiateté de la formation,
  • Grande fatigue, anxiété, stress, souffrance au travail,
  • Pas de prise de recul,
  • Difficultés pour le suivi des élèves,
  • Manque de temps pour se concerter avec les titulaires,
  • Diminution du temps de formation initiale.

Le texte prévoit que nul ne pourra prendre une classe sans avoir été formé et pourtant que se passe-t-il au début des stages filés ?

Les stages de pratique accompagnée, qui sont pourtant une bonne façon d’apprendre, ne seront pas imposés. Ils seront seulement possibles.

Nous dénonçons le rôle qu’on veut faire jouer aux titulaires qui accueillent des stages filés, sans formation et sans compensation. Ils seront progressivement des formateurs et là aussi la réduction des coûts semble être le souci majeur.

Nous attendons toujours un document qui précise les devoirs de chacun, titulaire et stagiaire. Nous craignons la disparition de nombreux formateurs de terrain.

Les directeurs et chefs d’établissements seront associés à l’évaluation des stagiaires. Est-ce leur rôle ? Pour SUD éducation, non. Les compétences qui sont évaluées par ces personnels ne sont pas précisées, il ne saurait s’agir d’une évaluation pédagogique ou disciplinaire.

Le texte prévoit en fait une nomination dans une académie pour 3 ans. Nouveauté qui n’ira pas sans poser de nombreux problèmes concernant le mouvement des enseignants. Quelles garanties pour éviter un blocage de celui-ci ?

Le nouveau dispositif correspond donc à une formation de niveau master. Pour autant, les enseignants n’en bénéficieront pas. Pourquoi ? Cela aurait du déboucher sur une revalorisation de carrière que la politique budgétaire rend impossible. Dans ces conditions à quoi servira d’avoir des éléments d’un master ?

Ce texte reprend pleinement l’introduction de la bivalence pour les professeurs du second degré. Une véritable réflexion sur les aspects pédagogiques de la bivalence n’a pas été menée. Le seul critère de gestion des postes pousse dans cette direction, avec l’espoir d’en supprimer des milliers dès la prochaine rentrée, notamment au niveau des remplacements. Il serait pourtant préférable de créer de véritables brigades de remplaçants titulaires avec des conditions de travail et d’affectation attractives pour faire face aux obligations du service public.

Il n’est pas proposé d’augmentation conséquente du temps de formation initiale, qui est maintenu à une année après l’obtention du concours de recrutement, augmenté de six petites semaines les deux années qui suivent. SUD éducation revendique l’allongement du temps de formation initiale des enseignants avec une prise en charge progressive de la classe au début de la carrière.

Nous continuons de dénoncer la réduction des formations en IUFM, notamment dans toutes les matières qui ne concernent sont pas directement le socle commun mais qui comme les arts plastiques ou la musique concourent à l’épanouissement culturel des élèves.

Le texte réaffirme en même temps la formation disciplinaire et la formation professionnelle avant le concours.
La formation pré professionnelle s’effectuera avec des stages d’observation, est-ce vraiment suffisant ?

Par contre, il semble qu’on se dirige vers la suppression de l’épreuve « professionnelle » au concours d’entrée, ce qui nous semble tout à fait contradictoire. A ce jour, on ne sait rien du sort réservé au mémoire professionnel de l’année de PE2.

Ce projet affirme la nécessité de stages en entreprise pour tous les futurs enseignants. Cette insistance à lier l’Education nationale au monde de l’entreprise nous pousse à rappeler que la formation culturelle des élèves est l’objectif premier de l’Ecole. Les enseignants n’ont pas à se substituer au travail des conseillers d’orientation dont le nombre doit être augmenté et les missions confortées.

Enfin, la formation continue a fortement diminué, de près d’un tiers cette année ; nous craignons malgré la conclusion, une amplification de cette logique. Pour nous, l’obligation de formation continue est l’affaire de l’Education nationale qui doit fournir des stages correspondants aux innovations qu’elle introduit.

En ce qui concerne les compétences exigées des maîtres et leur évaluation nous faisons les remarques suivantes : Pour le moment, nous n’avons pas de cadrage national, pas de critères, seulement 10 compétences, parfois détaillées sans que les moyens dont disposeront les IUFM pour les faire acquérir aux étudiants stagiaires ne soient précisés.

En ce qui concerne les compétences professionnelles des maîtres ce projet insiste sur la culture générale des stagiaires mais rien n’est dit, comme dans la loi Fillon, sur le sens qu’on donne aux apprentissages. Il est regrettable que la commission d’évaluation de formation des maîtres ne comprenne aucun représentant des personnels mais mentionne des personnalités extérieures au monde de l’Education ; enfin le maintien de la souveraineté absolue du jury n’est pas satisfaisant alors qu’il n’existe pas de critères clairs pour les refus de titularisation ni de procédures d’appel.

Pour toutes ces raisons, SUD éducation a voté contre ce cahier des charges lors du CSE -Conseil Supérieur de l’Education- du 14 décembre 06.


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