Comités de Pilotage sur les Conventions Ruralité

mardi 4 avril 2017
par  SUD Education 63

SUD éducation ne participera pas au comité de pilotage Convention Ruralité, non pas parce qu’elle se désintéresse de l’Ecole Rurale, bien au contraire. C’est parce qu’elle se refuse à donner un semblant de légitimité à ce qui se décide ailleurs !

C’est la même démarche qui nous a amenés à ne plus participer au Comité Académique sur les Rythmes Scolaires, même si les petits fours promis par l’administration étaient sans doute délicieux. Nous avons d’abord assisté à ces réunions et constaté que celles-ci ne constituent pas un cadre pour améliorer quoi que ce soit : on présente la convention sans possibilité de la discuter ni de la refuser . Pire, c’est le satisfecit béat général qui prédomine.

Le procédé n’est pas donc pas nouveau : au nom du "dialogue social", on demande aux syndicats de venir discuter les modalités de la Convention. Or, celle-ci s’est décidée sans eux, voire contre leur avis. Ne nous voilons donc pas la face, aucun syndicat n’a le moindre pouvoir dans ces réunions, les participants ne sont là que pour faire illusion.

Or, cette Convention est largement contestable : pour SUD éducation, cela est clair, ce projet de convention a pour principal objectif de diminuer le nombre de postes dans l’Education Nationale à terme.
L’idée avancée par l’administration est qu’il faut concentrer / mutualiser les moyens pour "stabiliser les structures scolaires", et donc éviter des fermetures immédiates.
Si on pourrait d’abord être séduit-e par ces arguments, on se rend vite compte de la supercherie.

Rien ne garantit le maintien des emplois à plus long terme

Dans la convention, l’Education Nationale s’engage à ne pas supprimer d’emploi dans les 3 années que dure ce contrat. Mais rien n’est dit que cela continuera par la suite !
Car le "maillage des écoles" avancé par l’administration a pour objectif de rassembler les moyens humains pour mieux en supprimer (il est plus simple de fermer une classe dans une école à 6 ou 7 classes que dans une école à 2 classes !).
C’est d’ailleurs ce qui s’est passé cette année lors de la carte scolaire : 6 des 9 classes qui ont fermé avaient plus de 7 classes. Même si les écoles visées ne sont pas issues d’une fusion, nous affirmons que les écoles à classes nombreuses sont et seront menacées par des fermetures.

Détricotage du tissu rural, augmentation des temps de transport

Alors que l’école reste bien souvent le seul service public encore présent dans bien des petites communes, cette convention avaliserait leur suppression, ce qui aurait également pour conséquence l’augmentation des temps de transport.

Un chantage aux postes

Nous avons eu l’exemple dans l’Allier : devant leur refus de signer la convention, certaines localités ont été menacées de perdre des postes dans les écoles ! Le DASEN a beau affirmer que c’est le Conseil d’Ecole qui aura le dernier mot, comment prendre une décision apaisée si un tel chantage était pratiqué ?

La contractualisation est contraire à l’égalité du droit à l’Education, elle est dans la continuité des réformes libérales déjà engagées.

C’est l’Etat qui doit garantir la répartition des moyens dans les différents lieux où l’Education Nationale intervient. La contractualisation avec des élu-e-s locaux est une dérive de ce principe républicain. De plus, la contractualisation met en place une concurrence entre départements dans une politique de moyens constants… Or, ces conventions se développent dans la quasi totalité des départements et deviendra la nouvelles façon. de gérer les moyens.

On va donc de nouveau déshabiller Paul pour habiller Jacques ! Sous couvert de novlangue, c’est bien la continuité des réformes libérales qui motive cette convention dans un contexte de réforme territoriale (régions et communautés de communes)

EPEP ou EPSC

S’ajoute à cela le rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale qui envisage, soit de transformer des groupements d’écoles en établissements publics du premier degré (EPEP), soit la création d’établissements publics du socle commun autour du collège (EPSC).

SUD éducation considère donc cette convention comme dangereuse pour l’avenir du service public d’Education dans le Puy-de-Dôme et dans les autres départements, pour les conditions d’étude des élèves et les conditions de travail des personnels.


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