Novembre 1992-novembre 2012 : Azimuts fête ses 20 ans !

samedi 17 novembre 2012
par  SUD Education 63

La laïcité, une valeur désuète ?

Le numéro 1 de notre journal titrait « la laïcité, une valeur désuète ? », cette question est encore aujourd’hui d’actualité. Durant ces 20 dernières années, au mépris du Serment de Vincennes, qui, en 1960 avait rassemblé des millions de signataires pour « obtenir que l’effort scolaire de la République soit uniquement réservé à l’école de la Nation », les aides au privé ont été constantes (1992 : accord Lang-Cloupet pour les carrières des enseignants du privé, 1993 : tentative de François Bayrou pour augmenter le financement des établissements privés, 2009 : loi Carle qui institue, pour les communes, une obligation de financement sans accord préalable pour un élève inscrit dans une école privée hors de sa commune de résidence). Enfin, en 2007, dans son discours de Latran, l’ex président Sarkozy a énoncé la supériorité de la morale religieuse par rapport à la morale laïque. Aujourd’hui, SUD éducation revendique toujours la fin du dualisme scolaire, qui sape le service public d’éducation par une concurrence financée sur fonds publics, et qui contredit la laïcité en favorisant les établissements confessionnels. Même si le discours a changé, si Vincent Peillon définit sa « morale laïque » en opposition à un dogme, rien n’est annoncé pour mettre fin aux dispositifs que la droite a mis en place pour favoriser l’enseignement privé.

La formation des enseignants… un acquis à défendre ?

Un autre article du premier numéro d’azimuts s’intitulait « la formation des enseignants…un acquis à défendre ». L’auteur du texte, certainement un visionnaire, craignait que la formation ne devienne « un privilège que certains hommes politiques n’hésiteront pas à trouver coûteux voire inutile ». Les IUFM, qui avaient remplacé les Écoles Normales, suite à la Loi Jospin de 1989, avaient l’ambition d’assurer aux professeurs des écoles, de collèges et de lycées une formation suffisamment cohérente pour assurer la continuité du cursus proposé aux élèves. Toutefois, quelques enseignants débutaient leur carrière sans avoir bénéficié d’une formation professionnelle : les maîtres auxiliaires dans le 2ème degré et, dans le 1er degré , les candidats recrutés sur les listes supplémentaires. SUD éducation réclamait alors pour tous, deux ans de formation initiale rémunérée sans la responsabilité d’une classe.

Mais la masterisation, effective depuis la rentrée 2010, a sonné le glas de la formation initiale des enseignants. Pour SUD éducation il aurait fallu, dès la rentrée 2012, abroger les décrets de cette réforme dont l’issue est la précarisation, la flexibilité des personnels et la dégradation des conditions d’enseignement pour les personnels et pour les élèves. Nous revendiquons, pour les enseignants des 1er et 2nd degrés, le retour à un recrutement à la licence et la délivrance d’un master à l’issue d’une formation en alternance sous statut de fonctionnaire stagiaire avec une entrée très progressive dans le métier.

Les casiers en tout genre…

Dès sa première parution, Azimuts dénonçait les « casiers » en tout genre dans l’Éducation Nationale : un article sur les livrets scolaires mettait en garde contre ce qui se cachait derrière l’objectif de suivi pédagogique, une brève ironisait sur l’expérimentation « scolarité », véritable fichage des collégiens et lycéens commandée par le ministre de l’Éducation Nationale de l’époque, Jack Lang. Depuis, de base-élèves (expérimentée depuis 2005 et officialisée en 2008 ) au Livret Personnel de Compétences numérique (dernier né des divers dispositifs qui, avec la Loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’École du 23 avril 2005 visent à répertorier les « compétences » des élèves), les fichages de l’enfance se sont multipliés. Aujourd’hui, un identifiant unique est attribué à l’élève dès 3 ans et conservé dans une base de données numériques (RNIE) dans laquelle figurent des données personnelles sur l’enfant et sa famille et sur laquelle viennent se rajouter les résultats du Livret Personnel de Compétences (LPC), les résultats des « évaluations », le cursus de scolarité… SUD éducation ré-affirme l’importance du combat contre le fichage, nous déplorons que le ministre Peillon refuse de lever les sanctions décidées sous des gouvernements de droite contre les personnels qui s’opposent à Base élèves et affelnet, qui refusent de remplir le LPC ou plus largement, boycottent les procédures numériques imposées dans le système éducatif.

Les sujets traités dans notre presse syndicale sont donc malheureusement encore d’actualité, depuis 20 ans, Azimuts ne cesse de combattre toutes les réformes corollaires du libéralisme en œuvre en France et dans le monde ! Plusieurs luttes se sont ajoutées à celles d’hier et nous avons dû sans arrêt dénoncer de nouvelles attaques contre le service public d’Éducation. A ce jour, le gouvernement a changé mais pas nos revendications, aussi, en l’absence d’une rupture radicale avec la politique éducative du gouvernement précédent, gageons que notre presse syndicale a encore de beaux jours devant elle !

Fabienne Chambon


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