Rythmes scolaires : rentrée 2016 ce n’est pas mieux

vendredi 9 septembre 2016
par  SUD Education 63

Publiés au mois d’août au journal officiel, deux décrets concernant les rythmes scolaires institutionnalisent dans la partie réglementaire du code de l’éducation l’ensemble des dispositions dérogatoires du décret Hamon, généralisent les PEDT (projet éducatif territorial) et entérinent les taux d’encadrement des enfants pour les activités périscolaires.

Aucune amélioration des conditions d’apprentissage

Malgré l’insistance de la Ministre dans ses propos à chacune de ses sorties publiques, la réforme des supposés rythmes scolaires ne fait aucune démonstration de son bénéfice pour les apprentissages des élèves.
En cette rentrée, concernant les activités périscolaires, le ministère pérennise des dispositions introduites au départ à titre expérimental contre l’avis des enseignant-e-s et des personnels d’animation. De plus, comme nous le craignions au moment de la mise en place de la réforme, le nombre de municipalités où tout ou partie de ces activités deviennent payantes pour les familles est en augmentation.

Si les dérogations du décret Hamon ont parfois été accueillies positivement, comme une possibilité d’éviter les pires effets de la réforme Peillon, elles ne changent pas le fond de cette réforme et elles n’effacent pas ses effets néfastes pour les conditions de travail des personnels et pour les conditions d’apprentissage des élèves.

Quant à l’augmentation des taux d’encadrement pour les activités périscolaires, elle est unanimement refusée par les personnels d’animation.

Des économies pour les mairies

Face aux surcoûts que représente la réforme des rythmes, pour les municipalités, ces mesures n’ont d’autre but que de leur permettre de mieux accepter la réforme en leur permettant de faire des économies. En effet réunir sur un après-midi toutes les activités périscolaires répond bien souvent aux seules préoccupations budgétaires des mairies.
Ainsi les dispositions Hamon poussent à généraliser des journées de 6 heures, à l’encontre des motivations supposément chrono-biologiques de la réforme.
Les taux d’encadrement élevés (1 animateur-trice pour 14 enfants d’âge maternelle et 1 pour 18 pour les enfants de l’école élémentaire) dégradent les conditions d’accueil et de sécurité des enfants ainsi que les conditions de travail des animateur-trice-s.

Des inégalités territoriales renforcées

Un cadre dérogatoire permet d’organiser des semaines de moins de 24 heures d’enseignement par semaine. L’allègement des semaines s’accompagne alors d’une réduction de la durée des vacances scolaires. Cette possibilité fait éclater le cadre national des calendriers scolaires, déréglemente le temps de service des personnels pour conduire à son annualisation. L’organisation du temps de service des enseignant-e-s devient ainsi le fait des pouvoirs locaux.

SUD éducation tient à réaffirmer son opposition à l’éclatement de l’école publique en autant de situations que de territoires.
A l’heure où les intérêts du tourisme et de l’industrie de la neige dictent les impératifs des calendriers scolaires, SUD éducation réaffirme sa dénonciation de cette réforme « des rythmes scolaires » imposée aux personnels et aux familles.

Réformer les rythmes scolaires nécessite une réflexion plus large qui prenne au moins en compte l’âge des élèves, la diversité des temps sociaux, la place réelle faite aux mouvements d’éducation populaire et la nature des difficultés que certain-e-s élèves rencontrent dans les apprentissages.

Face à la dégradation des conditions de travail des animatrices et animateurs, SUD éducation appelle à signer leur pétition qui revendique la fin des expérimentations pour revenir à des taux d’encadrement de 1 animateur-trice pour 10 enfants de moins de 6 ans et de 1 pour 14 enfants de plus de 6 ans.

Pétition à signerici.


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