Déclaration de SUD éducation au CDEN du 21 février 2013

vendredi 22 février 2013
par  SUD Education 63

Huit mois après une campagne électorale qui promettait une réforme historique pour l’école publique, la « refondation » du ministre Peillon a bien du mal à convaincre.

Cette refondation ne mérite pas son nom. Le projet de loi d’orientation ne revient sur aucune des réformes de régression scolaire qui ont rythmé dix années de droite au pouvoir et cassé le sens de nos métiers de la maternelle à l’université. Il ne marque aucune rupture avec la logique utilitariste qui prévaut en matière d’éducation depuis 20 ans, bien au contraire. Le projet du ministre ne laisse pas apparaître l’ambition forte de lutte contre l’échec scolaire que tout le monde attend. Ce projet renforce les inégalités territoriales en décentralisant les CIO et la carte de formation professionnelle. Il agit donc à l’inverse d’un service public générateur d’égalité des droits.

Il en est de même pour le décret sur les rythmes scolaires des écoles qui renvoie aux mairies l’organisation, comme elles le veulent (ou le peuvent) des nouveaux temps péri-scolaires. Elles laissent aux bons soins des départements l’organisation des ramassages scolaires. Et nous nous sommes laissé dire que le surcoût pour le CG 63 dû à une journée supplémentaire de transport sera partiellement compensé par une suppression du ramassage dans certains hameaux. De même sur l’idée que les horaires des écoles dans certains secteurs seront fixés par les contraintes autour de cette question des transports. Vu les difficultés et les coûts liés à cette réforme, nous nous étonnons du soutien que des élus locaux peuvent apporter à cette redéfinition des heures d’écoles.
Nous pourrions comprendre ce soutien si cette réforme apportait un bénéfice aux enfants, mais quand l’amplitude de la journée en grand groupe, n’est même pas réduit , quand les communes ne mettront pas en place autre chose qu’un temps de garderie, où est l’intérêt de l’enfant ?
Nous considérons ici que le terme même de « rythmes » est abusif. Les rythmes ne sont pas qu’une question d’horaires. Cela a à voir, avant tout, avec le contenu des plages horaires d’école. Mais les programmes seront revus… ultérieurement. Cela a à voir, aussi, avec les effectifs dans les classes - qui ont un impact que tout le monde peut comprendre sur la qualité du travail qui y est fourni – et qui ne baissent qu’à peine. On peut toujours nous demander d’être patients mais comparons les 109 postes supplémentaires pour la rentrée 2013 dans l’académie avec les 556 suppressions des 2 années passées et vous comprendrez l’incrédulité de la profession quant aux recrutements promis par le gouvernement. Quand on parle de rythmes, il faut aussi s’interroger sur les moments d’aide aux enfants en difficulté passagère ou durable ; mais là encore, nous ne voyons rien venir.

Voilà pourquoi, loin d’être une réaction corporatiste sans préoccupation de l’efficacité de leur travail, les enseignants du 1er degré sont très en colère contre cette réforme dont ils savent qu’elle n’a aucun intérêt pour leurs élèves et qui va leur demander de passer une demi-journée de plus dans leurs écoles.
Pour SUD éducation, cette réforme joue pourtant un rôle. Elle sert d’écran de fumée pour masquer la pauvreté des projets de Vincent Peillon et a pour effet de libérer la parole des lyncheurs de prof par média interposés.

Pour SUD éducation, la faiblesse de la refondation, n’est pas franchement une surprise. Elle résulte d’un choix délibéré de corseter les politiques publiques en accordant une priorité au remboursement d’une dette devenue publique mais qui n’est pas la nôtre.

La déclinaison locale de ce manque d’ambition politique par soumission au monde de la finance a été présentée au cours des CTSD de ces derniers jours.

Pour ses écoles, le département bénéficie d’une trentaine de postes « grâce » à la fermeture de 10 postes dans l’Allier et 10 postes dans le Cantal, donnant l’impression à nos collègues de ces départements qu’il y a une volonté de diviser pour mieux régner. Malgré cela, la dotation est très insuffisante pour satisfaire les besoins de toutes les écoles.
Nous déplorons, entre autres, que les enseignants spécialisés en Rased ou en établissement spécialisé durement touchés ces dernières années par les fermetures de postes ne connaissent pas de réouverture à la prochaine rentrée. Nous dénonçons aussi le fait que rien ne soit fait pour venir en soutien aux enseignants référents totalement submergés de travail et qui ne peuvent plus remplir leurs missions dans les délais.
Nous regrettons que les nouveaux dispositifs ZEP se fassent attendre et que l’on assiste pour l’instant qu’à des fermetures dans ces écoles.
Avec ces quartiers populaires nous faisons la jonction avec les collèges qui, selon le ministère, sont moins prioritaires que le 1er degré. Il semble pourtant que la situation devient de plus en plus alarmante dans les collèges et les lycées de ces quartiers qui interpellent leur hiérarchie pour faire connaître les situations désastreuses qu’ils rencontrent dans leur travail. Cette situation est plus extrême dans les quartiers difficiles mais reste sensible dans tous les collèges.

SUD éducation revendique une autre réforme pour donner à toutes et tous des moyens satisfaisants d’apprentissage et de travail et permettre la réussite de tous les élèves. Même si le gouvernement affirme toujours qu’il fait de l’éducation une priorité et prétend réformer l’école, la réalité dans les écoles et établissements est très éloignée de ces déclarations.


Documents joints

Déclaration SUD 63 CDEN du 21 février 2013

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