Non à l’escalade des violences policières

mardi 22 janvier 2019
par  SUD Education 63

Nous dénonçons avec la plus grande vigueur l’emploi de politiques et de techniques de plus en plus répressives et violentes de la part des forces de l’ordre à l’égard des manifestant-e-s. Cette tendance ultra-répressive n’est pas nouvelle dans l’histoire des mouvements sociaux, mais sa résurgence est nette depuis les révoltes dans les banlieues en 2005, puis à partir des années 2010 –mouvements contre les lois travail, Notre-Dame-des-Landes, Bure ou Sivens-. Elle atteint en ce moment des sommets à l’encontre des Gilets Jaunes et de leurs soutiens.

En quelques semaines, nous avons pu voir des CRS matraquer au sol des manifestant-e-s réfugié-e-s dans un Burger King, contraindre des lycéen-nes à se mettre à genoux, mains sur la tête, à Mantes-La-Jolie, des policiers tirer régulièrement à hauteur de tête avec des flashball, et l’usage des grenades de désencerclement s’est généralisé. Les rues de Paris ont été parcourues par des blindés de la gendarmerie, des policiers à cheval et survolées par des hélicoptères.

Au 18 janvier, un recensement provisoire faisait état à ce jour d’une personne tuée à Marseille par une grenade lacrymogène, 4 personnes ont eu la main arrachée (grenades GLI F4), 17 personnes ont été éborgnées (balles de LBD 40), 1 personne a perdu définitivement l’audition (grenade), et plus de 1500 blessé-e-s plus légèrement. On peut rajouter plus de 5 000 gardes à vue, 4000 réponses pénales et 216 incarcérations. Et de samedi en samedi, la liste s’allonge.

On a vu aussi apparaître la notion de « casseurs présumé-e-s » : des centaines de personnes ont été interpellées de manière préventive, avant même d’atteindre Paris, ou au petit matin (au total, sur les personnes majeures ont été placées en garde-à-vue, dont 80% sont sortis sans procédure judiciaire, ou avec un simple rappel à la loi). Récemment, le Ministre de l’intérieur faisait porter la responsabilité d’éventuelles violences à tout-e citoyen-ne manifestant avec les Gilets Jaunes.
Récemment interpellé au sujet des violences, Castaner n’en reconnaît aucune de la part des policiers.

C’est l’instauration puis l’institution d’une partie des dispositifs de l’état d’urgence dans la loi qui permet le développement de telles pratiques. Ceux-ci, initialement prévus pour lutter contre le terrorisme, sont appliqués désormais à la « gestion » des mouvements sociaux. On a ainsi pu confiner des lycéen-nes dans leurs établissements pour les empêcher de rejoindre leurs camarades en manifestation.

Le premier ministre veut maintenant restaurer une loi « anti-casseurs » inspirée des années post 68. Elle a déjà été votée par le Sénat le 23 octobre dernier, et vise notamment à créer des périmètres de sécurité aux abords des manifs, à empêcher certaines personnes dont le comportement peut laisser penser qu’elles représentent une menace d’y participer et à les ficher comme les hooligans. Cette loi instaurerait également un principe de responsabilité collective, la création d’un fichier national des manifestants considérés comme « violents », l’extension de la notion d’« armes par destination » à toutes sortes d’objets habituellement anodins, dont la simple détention est désormais punie comme délit par des peines de prison et des dizaines de milliers d’euros d’amende. Tout cela est absolument contraire au droit fondamental de manifester, inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, et garanti par la Convention européenne des droits de l’homme.

Le pouvoir cherche une solution policière à un conflit social, fait silence sur les victimes et attribue toutes les violences aux manifestant-e-s. Or, une politique qui aggrave continuellement les formes de misères et les inégalités ne peut qu’être contestée et confrontée à des révoltes. Nous exigeons que les responsables de ces violences institutionnelles soient dénoncés et jugés. Nous exigeons que ces violences à l’encontre des Gilets Jaunes comme du mouvement social cessent et que soit entendues les revendications de justice sociale, fiscale, environnementale ; ainsi que les demandes d’égalité et de démocratie.


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